quartier Saint-Henri

Son histoire

1535 1825

1535-1825

Des tanneries, des coteaux

Autochtones et coureurs des bois contournent depuis longtemps les rapides du fleuve en empruntant les terres où se situe l'actuel quartier Saint-Henri.

Avec la colonisation, la communauté religieuse des Soeurs grises ainsi que la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice détiennent la majorité du territoire.

Sous le régime français, l'intendant Jean Talon mise sur la création de tanneries dans ce coin de pays, véritable relais sur la route des fourrures. En 1685, une première tannerie est ouverte près de la décharge de la rivière Saint-Pierre, à proximité de la falaise Saint-Jacques. Avec ses moult petits ruisseaux, ce lieu est idéal, loin de la ville, limitant ainsi la diffusion des fortes odeurs résultant du traitement des peaux et du cuir.

La famille de tanneurs Lenoir dite Rolland devient l'un des plus importants fabricants de cuir ; le village formé en 1780, avec plus d'une demi-douzaine de tanneries, porte d'ailleurs le nom de Tanneries-des-Rolland.

Au début du 19e siècle, le développement d'une petite communauté, avec sa chapelle-école, ses habitations, ses petits commerçants et artisans, mène à la création en 1813 d'un village plus vaste : Saint-Henri-des-Tanneries.

Plus de la moitié de ses habitants vit des métiers du cuir en 1825, qui passent progressivement d'organisation artisanale à production industrielle.

Quant aux rapides qui bloquent le trafic par voie d'eau, ils sont contournés par une voie navigable construite principalement par des immigrants irlandais en 1821-1825.

1826 1875

1826-1875

Une première phase d'industrialisation : canal et chemin de fer

Lors de son inauguration en 1825, le canal, long de près de 14 kilomètres, comprend sept écluses et ponts de pierre. Il est élargi en 1843-48 puis en 1873-85.

Le chemin de fer Montréal & Lachine, inauguré en 1847, sert de voie de contournement des rapides, et passe notamment par Saint-Henri. En 1851, rebaptisé Montréal & New York et prolongé à Plattsburg, il sert de nouveau lien avec la grande métropole. En 1859, le réseau du Grand Tronc traverse le quartier en direction de Détroit et plus tard Chicago. Diverses entreprises s'installent sur les berges du canal, pour profiter entre autres choses de son pouvoir hydraulique. De rural et artisanal, le paysage de Saint-Henri se transforme au rythme de la croissance industrielle.

La paroisse Saint-Henri-des-Tanneries est fondée en 1867, quelques années avant l'établissement de la municipalité Saint-Henri (1875) proprement dite. Les premières églises et les premiers bâtiments scolaires voient le jour, autant chez les anglophones que chez les francophones. Saint-Henri-des-Tanneries attire, grâce à ses emplois, beaucoup de ruraux du sud-ouest du Québec. Les zones résidentielles s'accroissent ; des maisons de brique à deux étages en rangée sont construites, le plus souvent par des promoteurs immobiliers.

Image : HM_ARC_005163

La vieille écluse à Lachine

Dessin
Bibliothèque et Archives Canada
© Bibliothèque et Archives Canada /C-113716 , © Héritage Montréal


1826-1875

Une première phase d'industrialisation : canal et chemin de fer

Lors de son inauguration en 1825, le canal, long de près de 14 kilomètres, comprend sept écluses et ponts de pierre. Il est élargi en 1843-48 puis en 1873-85.

Le chemin de fer Montréal & Lachine, inauguré en 1847, sert de voie de contournement des rapides, et passe notamment par Saint-Henri. En 1851, rebaptisé Montréal & New York et prolongé à Plattsburg, il sert de nouveau lien avec la grande métropole. En 1859, le réseau du Grand Tronc traverse le quartier en direction de Détroit et plus tard Chicago. Diverses entreprises s'installent sur les berges du canal, pour profiter entre autres choses de son pouvoir hydraulique. De rural et artisanal, le paysage de Saint-Henri se transforme au rythme de la croissance industrielle.

La paroisse Saint-Henri-des-Tanneries est fondée en 1867, quelques années avant l'établissement de la municipalité Saint-Henri (1875) proprement dite. Les premières églises et les premiers bâtiments scolaires voient le jour, autant chez les anglophones que chez les francophones. Saint-Henri-des-Tanneries attire, grâce à ses emplois, beaucoup de ruraux du sud-ouest du Québec. Les zones résidentielles s'accroissent ; des maisons de brique à deux étages en rangée sont construites, le plus souvent par des promoteurs immobiliers.

1876 1929

1876-1929

Deuxième phase d'urbanisation : une ville constituée

Les limites de la municipalité de Saint-Henri sont redécoupées quelques années après sa fondation. En 1879, elle est bordée au sud par le canal de Lachine, à l'est par l'avenue Atwater, au nord par la côte derrière la rue Saint-Antoine et à l'ouest par le chemin de la côte Saint-Paul.

L'industrie croît et c'est le début de l'âge d'or du canal de Lachine avec entre autres les tanneries industrielles Moseley and Ricker et Thomas Ecroyd, la Dominion Textile, la RCA, la William Sewing Machine et la Canada Malting.

Les conditions de travail sont des plus pénibles. Hommes, femmes et enfants travaillent d'arrache-pied pour un maigre salaire. Ils luttent pour obtenir de meilleures conditions de travail, établissent des syndicats et participent à la mise sur pied de sociétés de secours populaire et de garderies en milieu ouvrier.

Chargée par les dettes liées à une industrialisation rapide, Saint-Henri est annexée à la Ville de Montréal en 1905. Son espace est désormais urbanisé, bénéficiant de services publics comme l'éclairage des rues, le service d'aqueduc, une brigade de pompiers et de policiers. Des commerces, des églises, un marché, quelques rares parcs publics et des centres de loisirs complètent l'offre de services. La spéculation foncière et l'explosion démographique à laquelle elle est liée ont des répercussions sur les conditions d'habitation (piètres logements) et d'environnement (pollution). La petite bourgeoisie se fait construire des maisons, notamment autour des deux squares, tandis que les ouvriers occupent des logements dans des immeubles à deux ou trois étages en brique. Saint-Henri est un petit monde, une ville de la révolution industrielle dans une métropole en croissance.

Image : HM_ARC_005224

Atlas de Montréal, Ville de Saint-Henri
1879
Carte
45 cm
72 cm
Dinu Bumbaru
© Dinu Bumbaru / © Héritage Montréal


1876-1929

Deuxième phase d'urbanisation : une ville constituée

Les limites de la municipalité de Saint-Henri sont redécoupées quelques années après sa fondation. En 1879, elle est bordée au sud par le canal de Lachine, à l'est par l'avenue Atwater, au nord par la côte derrière la rue Saint-Antoine et à l'ouest par le chemin de la côte Saint-Paul.

L'industrie croît et c'est le début de l'âge d'or du canal de Lachine avec entre autres les tanneries industrielles Moseley and Ricker et Thomas Ecroyd, la Dominion Textile, la RCA, la William Sewing Machine et la Canada Malting.

Les conditions de travail sont des plus pénibles. Hommes, femmes et enfants travaillent d'arrache-pied pour un maigre salaire. Ils luttent pour obtenir de meilleures conditions de travail, établissent des syndicats et participent à la mise sur pied de sociétés de secours populaire et de garderies en milieu ouvrier.

Chargée par les dettes liées à une industrialisation rapide, Saint-Henri est annexée à la Ville de Montréal en 1905. Son espace est désormais urbanisé, bénéficiant de services publics comme l'éclairage des rues, le service d'aqueduc, une brigade de pompiers et de policiers. Des commerces, des églises, un marché, quelques rares parcs publics et des centres de loisirs complètent l'offre de services. La spéculation foncière et l'explosion démographique à laquelle elle est liée ont des répercussions sur les conditions d'habitation (piètres logements) et d'environnement (pollution). La petite bourgeoisie se fait construire des maisons, notamment autour des deux squares, tandis que les ouvriers occupent des logements dans des immeubles à deux ou trois étages en brique. Saint-Henri est un petit monde, une ville de la révolution industrielle dans une métropole en croissance.

Image : HM_ARC_005155

Vue quartier Saint-Henri

Diapositive
2.5 cm
3.5 cm
Jacques Dumouchel
© Jean Bélisle, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_005253

Monument à Jacques Cartier

Carte postale
13.8 cm
8.6 cm
Dinu Bumbaru
© Dinu Bumbaru, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_004691

Sculpture-fontaine dans le square Georges-Étienne Cartier

Photographie
10.1 cm
15.1 cm
Ville de Montréal
© Direction du développement culturel, Ville de Montréal, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_003554

Dominion Textile Company (rue St-Ambroise)
1909
Dessin
BANQ, Albums de rues E.-Z. Massicotte
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Albums de rues E.-Z. Massicotte – MAS 5-35-a, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_003627

Vue sur le canal de Lachine (à partir d'un bâteau)

Carte postale
BANQ
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_004191

Vue de Montréal depuis la cheminée de la centrale de la Montreal Street Railway, Qc, 1896
1896
Photographie
20 cm
25 cm
Musée McCord
© Musée McCord, © Héritage Montréal


1930 1973

1930-1973

Saint-Henri décline et s'endort

Avec la crise de 1929, le secours direct est instauré et de nombreux travaux publics, comme la construction du marché Atwater et la caserne de pompiers combinée au poste de police, sont lancés pour supporter l'emploi. De complexe industriel majeur au pays, Saint-Henri devient un quartier en déclin. Plusieurs usines ferment et autant d'entreprises quittent pour de plus récents parcs industriels. Les ouvriers n'ont plus de travail, plusieurs émigrent dans d'autres quartiers. L'ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959 met un terme à l'utilisation du canal de Lachine comme voie de communication et épine dorsale de l'activité industrielle. Le canal cesse ses opérations en 1973.

Dans les années 1960, la démolition de l'église et du Collège Saint-Henri et la construction de l'autoroute Ville-Marie et de l'échangeur Turcot sont un coup dur au quartier. La polyvalente Saint-Henri, de style plutôt brutaliste, s'ajoute au milieu. Le quartier s'appauvrit et vieillit, mais il voit aussi apparaître des groupes populaires qui se mobilisent pour maintenir une qualité de vie.

Image : HM_ARC_004256

Rue Notre-Dame, vers l'ouest, depuis la rue Saint-Henri

Photographie
BANQ
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec (P20,S3,P39), © Héritage Montréal


1930-1973

Saint-Henri décline et s'endort

Avec la crise de 1929, le secours direct est instauré et de nombreux travaux publics, comme la construction du marché Atwater et la caserne de pompiers combinée au poste de police, sont lancés pour supporter l'emploi. De complexe industriel majeur au pays, Saint-Henri devient un quartier en déclin. Plusieurs usines ferment et autant d'entreprises quittent pour de plus récents parcs industriels. Les ouvriers n'ont plus de travail, plusieurs émigrent dans d'autres quartiers. L'ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959 met un terme à l'utilisation du canal de Lachine comme voie de communication et épine dorsale de l'activité industrielle. Le canal cesse ses opérations en 1973.

Dans les années 1960, la démolition de l'église et du Collège Saint-Henri et la construction de l'autoroute Ville-Marie et de l'échangeur Turcot sont un coup dur au quartier. La polyvalente Saint-Henri, de style plutôt brutaliste, s'ajoute au milieu. Le quartier s'appauvrit et vieillit, mais il voit aussi apparaître des groupes populaires qui se mobilisent pour maintenir une qualité de vie.

Image : HM_ARC_004952

Marché Atwater
1989-1990
Photographie
6 cm
6 cm
Brian Merrett
© Brian Merrett, www.archiguides.com, réf.163X, © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_005535

Caserne no 24 et camions de pompiers

Photographie
Ville de Montréal.Gestion de documents et archives
© Ville de Montréal. Gestion de documents et archives (VM94Z-626-1), © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_005157

Caserne de pompiers, Saint-Henri

Diapositive
2.5 cm
3.5 cm
Jean Bélisle
© Jean Bélisle, © Héritage Montréal


1974 2008

1974-2008

Un nouveau vent souffle sur Saint-Henri

En 1974, le gouvernement fédéral déclare le canal de Lachine lieu à vocation socio-culturelle tandis que la station de métro Place Saint-Henri est inaugurée en 1980. Près de 50 pourcent de la population du secteur est alors sans emploi.

La création du RESO (Regroupement pour la relance économique et sociale du Sud-Ouest) en 1989, de même que l'implication des milieux communautaire, syndical et des affaires entraînent une série d'actions pour le développement de l'emploi, l'accessibilité au logement, la qualité de vie, l'aménagement, etc.

Dans cette foulée, le plan d'urbanisme de 1992 consolide la vocation industrielle du canal de Lachine : des entreprises comme les Toiles Johnson, les studios d'enregistrement Studio Victor, la micro-brasserie McAuslan, Domtex, le centre de transport Saint-Henri, mais aussi une industrie culturelle (artistes, photographes, artisans, producteurs de films) investissent le quartier.

Désigné lieu historique national du Canal-de-Lachine en 1996, le canal et ses environs sont revitalisés grâce à des fonds publics et des investissements privés. Le quartier est aujourd'hui une zone récréative urbaine à proximité du centre-ville, mais également un agréable quartier populaire. Il poursuit ses efforts de revitalisation à la fois pour satisfaire les aspirations de son ancienne population et pour attirer de nouveaux résidants travailleurs.

Image : HM_ARC_003372

Esquisse de la station Place-Saint-Henri (entrée sud-ouest)
1974
Esquisse
Archives de la Société des transports de Montréal
© Fonds de Commission de transport de Montréal, Archives de la STM (Promenade Janvier 1974), © Héritage Montréal


1974-2008

Un nouveau vent souffle sur Saint-Henri

En 1974, le gouvernement fédéral déclare le canal de Lachine lieu à vocation socio-culturelle tandis que la station de métro Place Saint-Henri est inaugurée en 1980. Près de 50 pourcent de la population du secteur est alors sans emploi.

La création du RESO (Regroupement pour la relance économique et sociale du Sud-Ouest) en 1989, de même que l'implication des milieux communautaire, syndical et des affaires entraînent une série d'actions pour le développement de l'emploi, l'accessibilité au logement, la qualité de vie, l'aménagement, etc.

Dans cette foulée, le plan d'urbanisme de 1992 consolide la vocation industrielle du canal de Lachine : des entreprises comme les Toiles Johnson, les studios d'enregistrement Studio Victor, la micro-brasserie McAuslan, Domtex, le centre de transport Saint-Henri, mais aussi une industrie culturelle (artistes, photographes, artisans, producteurs de films) investissent le quartier.

Désigné lieu historique national du Canal-de-Lachine en 1996, le canal et ses environs sont revitalisés grâce à des fonds publics et des investissements privés. Le quartier est aujourd'hui une zone récréative urbaine à proximité du centre-ville, mais également un agréable quartier populaire. Il poursuit ses efforts de revitalisation à la fois pour satisfaire les aspirations de son ancienne population et pour attirer de nouveaux résidants travailleurs.

Image : HM_ARC_004824

Vue aérienne du canal de Lachine

Photographie
Société du Vieux-Port de Montréal Inc.
© Société du Vieux-Port de Montréal Inc. © Héritage Montréal


Image : HM_ARC_005156

Studios RCA Victor

Diapositive
2.5 cm
3.5 cm
Jean Bélisle
© Jean Bélisle, © Héritage Montréal